Les quelques fois où j'ai tenté un travail à la bêche, à la fourche-bêche, à la pioche ou à l'aérobêche, j'ai pu constater que le sol est particulièrement tassé et très difficile à travailler manuellement.
J'ai parlé de la texture de mon sol (peut-être quelque part entre les Sables argilo-limoneux et les Limons sablo-argileux) dans cet article :
https://chemin-de-paysan.blogspot.com/2018/11/journal-du-terrain-3-novembre-2018-test.html?m=1
Pour rappel, le triangle des textures utilisé est là : https://commons.m.wikimedia.org/wiki/File:Triangle_textures_sol_GPPA.svg
Je veux encore réaliser des sondages pédologiques à la tarière afin de voir la texture du sol, et je réfléchis en attendant à quel itinéraire
choisir pour améliorer la structure du sol.
Pour rappel concernant l'historique du terrain : il était cultivé en conventionnel en maïs et sorgho destinés à une usine de methanisation (jusqu'en 2014 au moins) . Je peux donc supposer que, labour après labour, le sol a été défoncé : son taux de matière organique doit faire peur (très bas, il n'y a qu'à voir la couleur du sol pour s'en convaincre : c'est blanc, jaune, orange, parfois rouge, parfois très légèrement ocre à brun clair, bref bien loin d'un bon brun foncé sans parler de noir (même pas la peine de rêver), et il est tout tassé !
D'ailleurs il n'y a qu'à jeter un oeil à ce qui pousse naturellement sur le terrain : oseilles (les fameux *voix d'outre-tombe* Rumex !!!), cirses, carottes sauvages, cardères, ronces.
Bref la question est donc de savoir : est ce que je peux essayer de donner un coup de pouce à mère Nature pour aider le processus de récupération du sol, ou bien est-ce que toute intervention est vouée à l'échec ? En posant cette question je sens bien que la réponse est avant tout philosophique, mais je me dis qu'entre laisser faire la nature et sortir l'artillerie lourde, il y a peut-être un juste milieu ?
Les organismes agricoles classiques genre Arvalis et compagnie recommandent l'ameublissement en profondeur, voire le sous-solage (je n'ai pas saisi la différence) et parfois le recours à des couverts végétaux. Les organismes moins industriophiles recommandent des couverts végétaux, voire le recours à un travail du sol pour l'ameublir...
Comme je suis pour l'instant complètement endoctriné par les gourous du Maraîchage Sol Vivant, je suis en mode "le sol tu ne travaillera pas", ce qui va bien avec mon aversion pour les moteurs à explosion. (Aversion limitée au champ bien sûr : ce serait le comble de prétendre le contraire étant donné que je fais 170 km de bagnole par weekend pour m'occuper du terrain : ô contradiction chérie !)
Bref, la réflexion est donc partie sur les couverts végétaux. La première question à me poser est : est-ce que ca peut faire mieux que la friche proposée par mère Nature ? Parce que si non, ça vaut pas la peine de me fatiguer et d'investire des sous.
La encore, je suppose que tout va être question de dose. L'idée ce serait donc d'apporter des espèces qui ne viendront pas naturellement (ou pas assez vite, pour autant qu'on puisse, ou pas, essayer de "presser" un peu les choses).
Les espèces que j'envisagerais pour le couvert végétal sont : seigle (effet structurant superficiel grâce à ses racines fasciculées), l'avoine fourragère (structure en profondeur), la luzerne, les vesces, la phacélie, le colza, les radis fourragers ou encore la cameline : dans les documents que j'ai pu consulter (guide technique "produire des légumes bio", guide des couverts végétaux en interculture de SynAgri, cette fiche ferme sur les couverts vegetaux agroforestiers, agro-cahier : choisir et réussir son couvert végétal (itab), etc).
Remarque : là je viens de lister des espèces mais souvent ce sont des groupes d'espèces qui sont donnés : par exemple les graminées amélioreraient la structure du sol grâce à leurs racines fasciculées, mais est-ce vrai pour toutes les graminées ou seulement pour les quelques "classiques" de l'agriculture et plus particulièrement des couverts ? Parce que des graminées j'en ai dans ma prairie-friche : houlque, flouve, agrostide, chient-dent... Autre exemples : les légumineuses apportent de l'azote (j'ai un peu de trèfle des prés, un peu de trèfle blanc, un petit plus de lotier, quelques petites vesces), enfin les brassicacées ont des systèmes pivotant qui permettent de fissurer le sol (alors j'ai pas de brassicacées, mais comme indiqué précédemment : j'ai de l'oseille et des cirses qui ont des forts systèmes pivotants), bref : n'ai-je pas déjà un couvert végétal intéressant ?
[édition du 3 février 2020] Vincent Levavasseur, sur la chaîne de Ver de terre production dit "sur les couverts végétaux, moi je fonctionne en enherbement spontané" bon, bah voilà.
La réflexion reste ouverte, je reviendrai éditer ce billet au fur et à mesure de son évolution.
Journal de bord d'un "wannabe" maraîcher : recherche d'informations, formation, expérimentation, terrain : démarche d'un grand débutant.
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mardi 27 août 2019
mardi 16 juillet 2019
Réflexions - 16 juillet 2019 : mise en place du potager, limaces
Depuis un peu plus d'un an je suis la chaîne YouTube "Maraîchage Sol Vivant" mise en place par un réseau d'agriculteurs (maraîchers, grandculteurs, éleveurs, etc.). Sur cette chaîne ils relayent leurs essais, leurs recherches et leurs idées pour faire évoluer les méthodes culturales et donc le modèle agricole. Les pistes qu'ils proposent sont très intéressantes et leurs essais semblent assez prometteurs.
Il y est question de couverts végétaux, de nourrir le sol, etc.
Pour le résumer très rapidement : pour pousser les plantes ont besoin d'une maison en bon état et avec des gardes mangers pleins.
Le modèle de l'agriculture pétrochimique : destruction du sol par labour, puis utilisation de pesticides et d'engrais de synthèse : ça marche sur la tête et ça arrive au bout du rouleau avec l'érosion globale du système : érosion des sols, érosion de la biodiversité, difficultés socio-économiques, maladies professionnelles, voire suicides.
Leurs pistes : réparer la maison, c'est-à-dire le sol, en arrêtant de le labourer. Nourrir le sol qui nourrit ensuite les plantes plutôt que de tenter de nourrir les plantes avec de la malbouffe (les engrais de synthèse) en les jetant dans un taudis (le sol labouré). Pour nourrir le sol il faut lui donner du carbone, c'est à dire le couvrir de matière organique riche en carbone : bois, paille, etc.
Depuis un an que j'ai acheté le terrain, je m'évertue donc à mettre en place les idées proposées par Maraîchage Sol Vivant et je laisse pousser la prairie (voire désormais la friche), je couvre mes planches de culture avec du foin (je n'ai ni paille ni bois à disposition, donc je fais comme je peux).
Mais dès que j'essaye de planter le moindre radis il se fait dégommer (comme toutes les autres plantes que j'ai tenté de planter) par les limaces ou d'autres ravageurs.
Et là je regarde, peut-être pour la troisième fois, cette vidéo (ci-dessous) et je me dis que ça va sans doute pas se faire en deux-deux, qu'il va falloir être patient. Je pars d'un ancien champ de maïs. Certes ré-ensemencé en "prairie" (mais quand j'ai acheté la prairie elle faisait à peine 20 cm de haut). Donc on part de loin et il faut le temps que le sol se soigne, qu'il assimile la matière organique que je lui apporte.
NB : Konrad (le mec qui parle) est très provocateur dans son discours, mais c'est fait exprès et assumé : il ne faut pas s'arrêter à la forme ("les programmes de protection de la biodiversité il faut les jeter à la poubelle" - merci -) et bien écouter le fond du message.
Dans certaines autres vidéos de ce réseau, il est question de temps de "récupération" assez long : 5, voire 10 ans ! Donc c'est pas gagné, gagné.
Et après avoir revu la vidéo, je me dis qu'il va peut-être falloir que j'arrête de jeter au loin les limaces que je vois dans mes planches de "culture" (on peut mettre les guillemets parce que pour l'instant la culture est franchement ridicule) et les laisser ré-ensemencer le sol en champignons afin de l'aider à se reconstruire.
"Patience et longueur de temps font plus que force ni que rage", alors essayons d'être patient.
Il y est question de couverts végétaux, de nourrir le sol, etc.
Pour le résumer très rapidement : pour pousser les plantes ont besoin d'une maison en bon état et avec des gardes mangers pleins.
Le modèle de l'agriculture pétrochimique : destruction du sol par labour, puis utilisation de pesticides et d'engrais de synthèse : ça marche sur la tête et ça arrive au bout du rouleau avec l'érosion globale du système : érosion des sols, érosion de la biodiversité, difficultés socio-économiques, maladies professionnelles, voire suicides.
Leurs pistes : réparer la maison, c'est-à-dire le sol, en arrêtant de le labourer. Nourrir le sol qui nourrit ensuite les plantes plutôt que de tenter de nourrir les plantes avec de la malbouffe (les engrais de synthèse) en les jetant dans un taudis (le sol labouré). Pour nourrir le sol il faut lui donner du carbone, c'est à dire le couvrir de matière organique riche en carbone : bois, paille, etc.
Depuis un an que j'ai acheté le terrain, je m'évertue donc à mettre en place les idées proposées par Maraîchage Sol Vivant et je laisse pousser la prairie (voire désormais la friche), je couvre mes planches de culture avec du foin (je n'ai ni paille ni bois à disposition, donc je fais comme je peux).
Mais dès que j'essaye de planter le moindre radis il se fait dégommer (comme toutes les autres plantes que j'ai tenté de planter) par les limaces ou d'autres ravageurs.
Et là je regarde, peut-être pour la troisième fois, cette vidéo (ci-dessous) et je me dis que ça va sans doute pas se faire en deux-deux, qu'il va falloir être patient. Je pars d'un ancien champ de maïs. Certes ré-ensemencé en "prairie" (mais quand j'ai acheté la prairie elle faisait à peine 20 cm de haut). Donc on part de loin et il faut le temps que le sol se soigne, qu'il assimile la matière organique que je lui apporte.
NB : Konrad (le mec qui parle) est très provocateur dans son discours, mais c'est fait exprès et assumé : il ne faut pas s'arrêter à la forme ("les programmes de protection de la biodiversité il faut les jeter à la poubelle" - merci -) et bien écouter le fond du message.
Dans certaines autres vidéos de ce réseau, il est question de temps de "récupération" assez long : 5, voire 10 ans ! Donc c'est pas gagné, gagné.
Et après avoir revu la vidéo, je me dis qu'il va peut-être falloir que j'arrête de jeter au loin les limaces que je vois dans mes planches de "culture" (on peut mettre les guillemets parce que pour l'instant la culture est franchement ridicule) et les laisser ré-ensemencer le sol en champignons afin de l'aider à se reconstruire.
"Patience et longueur de temps font plus que force ni que rage", alors essayons d'être patient.
lundi 1 juillet 2019
Journal du terrain : 30 juin 2019 | visite des copains : nouvelle planche de culture, fauche, repas champêtre, ...
Attention : certaines photos ne sont pas "tout public", après le bourdon dans le cirse, un peu de courage avant de retrouver le couple d'azurés sur la tête d'ail. Âmes sensibles, vous êtes prévenues.
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