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mercredi 17 février 2021

Réflexion : organisation de la maraîcherie - février 2021

 Je viens de re-réfléchir à l'organisation de la maraîcherie : ce billet fait donc suite à celui de décembre 2019.

D'abord sur la question des longueurs de planches. La semaine dernière j'étais chez Antoine. Ses serres font 40m de longueur et je n'ai pas trouvé ça trop long de prime abord. Je suis content de commencer à perdre l'appréhension que j'avais devant les "grandes longueurs" (tout est relatif). Bon, après avoir désherber les carottes avec lui et son stagiaire, je me suis à nouveau dit que 40m c'était bien long. Lui aussi l'a dit.

Néanmoins Je suis plus disposé (mentalement) à envisager des planches disons un peu plus longue. La dernière fois j'avais hésité pour 10m avant de convenir que c'était déraisonnablement trop court et j'étais donc parti sur un modèle de 20m de long. Aujourd'hui je pense que 30m ça doit être gérable. De mémoire c'est la longueur des planches chez Laura.

J'avais envisagé des planches de 1m de large avec des passe-pieds de 40 cm. Je pense qu'il serait opportun de diminuer la largeur de la planche car arriver au milieu bras tendu c'est dur, surtout que pour éviter de piétiner le bord de la planche il faut laisser une petite marge entre le pied et le bord de la planche. Une largeur de 80-90 cm me paraît aujourd'hui plus convenable pour ma morphologie. Le problème c'est que diminuer la largeur de la planche (outre la réflexion vis-à-vis des outils, mais j'ai envie de dire : les outils je peux peut-être les chercher à ma taille, alors que je peux pas adapter ma taille aux outils), bref le problème à réduire la largeur c'est que ça fait diminuer l'espace total cultivé : pour chaque planche j'ai 1 passe-pieds, donc si je diminue la largeur de la planche, je dois compenser par plus de planches et donc par plus de passe-pieds et donc ça fait moins de surface disponibles pour cultiver.

Je viens de réaliser que pour décider de la largeur du passe-pieds, il faut aussi prendre en compte la largeur des outils (chariots, caisses, ...) qui vont devoir passer dans le passe-pieds et entre les cultures qui auront tendance à déborder des planches... Ci-dessous le "landau de cueillette" Toutentub, pour des caisses disposées en long : largeur utile : 31cm, 37cm, ou 41cm. De manière à ne pas trop se limiter sur le type de matériel utilisable, il semble raisonnable d'opter pour des passe-pieds larges : 45 à 50cm.


Voici un tableau des largeurs respectives planche / passe-pieds : 

Modèle Largeur
planche
Largeur
passe-pieds
Rapport
culture/total
Max culture 1,2 0,35 0,77
Max confort 0,8 0,5 0,62
A 1 0,4 0,71
B 0,9 0,4 0,69
C 1 0,5 0,67
D 0,9 0,5 0,64
E 0,9 0,45 0,67

 On constate que le rapport de surface des cultures par rapport à la surface totale planche+passe-pieds ne varie pas énormément, néanmoins pour éviter de trop "perdre de la place" on cherchera à maximiser ce rapport autant que possible (ou à défaut, de le laisser se réduire le moins possible).

Néanmoins, s'agissant de confort au travail pour un métier très sollicitant, il semble judicieux de se préserver et de retenir les options qui permettent de s'économiser. Le modèle E ci-dessus avec une planche cultivée de 90 cm de large + 45 cm de passe-pieds, soit 1,35 m de largeur totale me convient assez sur le papier.

Ci-dessous quelques tentatives d'agencement... c'est encore balbutiant...

10 blocs (verts) de 20 planches de 1+0.4 x 20m

10 blocs de 20 planches de 1+0.4 x 20m

10 blocs de 20 planches de 1+0.4 x 20m

6 + 4 1/2 = 8 blocs de 20 planches de 0.9+0.45 x 30m



 

 



dimanche 3 janvier 2021

Quels légumes produire ?

Quels légumes produire ? Parmi la grande diversité de légumes possibles, lequels envisager de produire sur la maraîcherie ?

Objectif : transformation de la production sur place ! Réalisation de conserves --> pas de problème d'écoulement immédiat des légumes frais. Chercher créneau des plats cuisinés (mais artisanal et bio). Gamme de prix : 10-15 €/kg soit 3,7 à 5,5 € / pot de 370 g et 5 à 7,5€ / pot de 500 g.

curry de légumes : mélange de légumes braisés et assaisonnés:

-> oignon, poireau, pdt, carotte, navet, courge, fenouil, bettes, ...

jardinières de légumes : mélange de légumes cuits à l'étouffée

-> haricots verts plats, petits pois, ail, oignon, fenouil, carotte

ratatouille : aubergine, courgette, tomate, oignon

piperade : tomate, poivron, oignon, ail

sauce tomate : est-ce que ça pourra vraiment se valoriser ? Peut-être juste en cas de surplus de tomates ?

garbure (sans la viande) : chou, pdt, navet, carotte, haricots, oignon et ail

soupe : courge, carottes, poireaux, navet, oignon, pdt, ...

gratins : pdt, chou-rave, oignon, courge,



1. Pommes-de-terre ? --> oui ! réfléchir itinéraire technique sous paille.

2. Poireaux ? --> demande buttage, pas facile avec la terre argileuse ... mais peut-être à tenter ?

3. Carottes ? --> la terre est très argileuse, ce serait difficile et pas rentable (cf. expérience de Quentin qui est sur sable et chez qui c'est pas franchement rentable), peut-être à limiter à la culture d'auto-consommation. Mais éventuellement à recalculer ? Car meilleure valorisation dans produits transformés... Envisager d'autres techniques culturales : planches hors sols ? (bottes de paille ?)

4. Navets ? --> oui ! --> soupe, garbure, curry,

Betteraves ? --> valorisation sans doute trop compliquée : se prête mal au mélange, les betteraves mettent longtemps à cuire. Il faut les mettre sous vide ...

Radis ? --> j'aime pas ça : ai-je envie de produire qch que je n'aime pas ?

5. Fenouil ? --> oui !

6. Oignons ? --> à tester, peut-être un peu compliqué ?

7. Ail ? --> OUI ! peut-être un peu compliqué ? terrain à tendance hydromorphe... mais c'est la base de la cuisine espagnole !

8. Courges ? --> oui ! en particulier butternut qui se conserve mieux que potiron

Épinard ? --> bof, pas forcément évident à valoriser en conserve ?

9. Bettes ? --> Oui ! ça pousse trop facilement pour faire une croix dessus : trouver des recettes pour les valoriser : curry, jardinières, gratins

10. Chou-rave ? --> Oui ! transformation en curry, gratins, soupes, crèmes, jardinières, ...

11. Chou vert ? --> Oui ! potages, garbure, ...

12. Quinoa ? --> Oui ! permet d'introduire de la diversité dans la rotation, à valoriser dans des plats en substitut du riz.

13. Sarrasin ? --> permet d'introduire de la diversité dans la rotation, à valoriser dans des plats en substitut du riz (risotto, ...)

14. Tomate ? --> OUI ! sauces, ratatouille, piperade, curry, ...

15. Poivron ? --> OUI ! ratatouille, piperade,...

16. Piment ? --> OUI ! ratatouille, piperade, curry, ...

17. Aubergine ? --> OUI ! ratatouille, moussaka végétarienne, aubergines à l'huile (entrée ou apéritif), crème d'aubergine, ...

18. haricots verts ? --> OUI ! jardinières, curry, ...

19. petits pois ? --> OUI ! jardinières, curry, ...




samedi 15 août 2020

Maraîcherie jardin botanique ?

Suite aux derniers échanges et réflexions avec les copains et collègues ces derniers jours, voici une idée (qui me plaît beaucoup) de
développement d'une activité en maraîchage bio dans une optique de jardin botanique.

 

 

Avec côté plantes utiles locales :
 

Un jardin médiéval avec des plantes aromatiques et médicinales.
 

Un verger fruitier avec des plantes tinctoriales en dessous des arbres

Des plantes à fibre pour les cordes, tissus, papier : lin, chanvre, ortie.

Des plantes potagères type légumes anciens ou originaux : panais, topinambourgs, rutabagas, angélique, poire de terre, chervis, etc


Un jardin de plantes sorcières et dangereuses (en copiant un peu l'idée du Alnwick Poison Garden).

Un coin pour présenter la phytoépuration et la dépolution des sols.

Des haies avec des arbustes locaux, plessées et de l'information sur les intérêts qu'elles apportent.

Des saules pour la vannerie.


 Et côté exotique :

Un jardin japonais, avec des cerisiers, magnolias, théiers (si ça pousse), akebis, goumis, néflier du japon, légumes japonais : gobo, wasabi, choux, soja, riz, etc

 

Un jardin indien avec une extension serre tropicale pour bananier, gingembre, curcuma, cannelle, ananas, goyave, poivre, etc.

Un jardin arabo-méditerranéen avec agrumes, oliviers, grenadiers, caroubier, jasmin, dentelaire, figuiers de barbarie, etc, avec une extension sous serre pour une petite production d'agrumes originaux genre cedratier, yuzu, bigaradier, citron vert, cumquat, etc


Un jardin canadien avec érables, chêne rouge, copalme, tulipier, etc. pour les couleurs de l'automne.

Et tout au fond le jardin-forêt comestible, avec tout ce qui ne rentre pas dans les autres categories.


Et au centre de tout ça je voudrais construire une ferme de style traditionnel béarnais pour faire un espace d'exposition, un entrepot pour les légumes de conservation et un labo de transformation pour faire des conserves (soupes, confiotes, etc).

 

L'idée ce serait de tabler sur deux aspects : une production originale d'épices et condiments exotiques bien valorisés dans des épiceries fines et la restauration, et d'autre part une partie ferme pédagogique avec des visites et ateliers  / animations sur les plantes utiles (petit artisanat rural et domestique, teinture végétale, plantes aromatiques et médicinales).



 


dimanche 9 août 2020

Journal du terrain : 8 et 9 août 2020 (camping)

Session de camping avec les copains : Rémy, Joël et Sylvie. Fauche de foin, repaillage des planches le nécessitant, débroussaillage du chemin vers la source (merci Jojo et Rémy), repiquage de plants (choux, citronniers, basilics, blettes, tomates, etc.) : les restes de tout ce que j'avais en réserve à la maison.

Spécial pour Rémy : c'est de ce genre de plans que tu parlais (voir en fin d'article) ? 

Sylvie m'a suggéré d'entretenir régulièrement la prairie plutôt que de compter sur une restauration avec des gros travaux d'un coup. Je pensais plutôt laisser l'ajonc venir sans batailler puis faire venir un broyeur forestier au moment où je voudrais restaurer la prairie. Mais elle me suggère que l'entretien régulier sera sans doute moins coûteux qu'un gros chantier une fois que ce sera un gros fourré bien inextricable. Joël et Rémy sont revenus de la session débroussaillage en me disant qu'il fallait mécaniser. Je vois vraiment pas pourquoi [mauvaise foi /off].


 

Dimanche aprèm on a fait l'annif' de Bérénice qui m'a demandé si je voulais vraiment faire du maraîchage comme activité principale ? Elle m'a dit qu'elle me verrait plus dans quelque chose type ferme pédagogique. C'est vrai que l'idée d'un jardin botanique, peut-être avec une orientation plantes utiles (petit outillage, vannerie, plantes tinctoriales, etc.) pourrait être quelque chose de sympa.

dimanche 1 mars 2020

Réflexion : le modèle à suivre

.... pour les 3 prochaines années au moins.

Bon, je suis pas un grand fan des gourous et des dogmes, donc quand j'écris "le modèle à suivre" c'est avec, d'une part une certaine réticence vis-a-vis de cette expression, mais surtout quelques mois de réflexions dans la tête et des échanges avec mon ami Jojo qui le premier m'a mis sur la piste et m'a encore filé un gros coup de main la semaine dernière.

Je viens tout juste de voir la vidéo que je partage ci-dessous de Benoît de la ferme de Cagnolle (en Dordogne), et après avoir passé deux ans (2018-2019) à suivre les formations du réseau Maraîchage Sol Vivant et pas mal de réflexions diverses et variées et de recherches sur internet à ce sujet, et en voyant l'exemple de Benoît je me dis : OUI, c'est ça que je veux faire.


Alors je suis conscient d'un certains nombre de limites de ce modèle par rapport à mes utopies (objectif zéro mécanisation, zéro plastique), mais c'est ce que j'ai trouvé qui me convient le plus sur la vision que je me fais du maraîchage.

Concernant la mécanisation j'espère pouvoir la limiter en ayant recours à la traction animale.

Et concernant l'usage des bâches plastiques, c'est vraiment le dernier obstacle que je ne vois pas comment surmonter pour l'instant. Alors s'il faut y recourir j'envisage de l'accepter, mais je m'efforcerai de continuer à chercher des alternatives.

Pour le reste j'apprécie l'honnêteté de Benoît qui précise un certain nombre de choses pour corriger la vision parfois un peu "idyllique" (c'est peut-être pas le bon terme) d'Olivier.

mercredi 8 janvier 2020

Réflexion sur l'organisation de la maraîcherie #conseils d'un aîné

Ce soir à l'AMAP, je demandais à Quentin combien d'espèces et de variétés avait-il cultivé lors de son installation. La vrai question derrière celle-ci c'était de savoir s'il avait un avis sur une stratégie : commencer tout de suite en cultures diversifiées ou commencer par un petit nombre de légumes pour éviter la surcharge et d'être débordé.

Il m'a indiqué avoir commencé avec un nombre important de variétés et d'espèces différentes. Et a précisé que sa stratégie, c'est de tester plein de choses pour voir ce qui marche. Puis d'ajuster au fur et à mesure.

Lui travaille avec des variétés "populations" (donc pas des hybrides F1) et il m'a avisé que ceux qui commencent par les hybrides puis passent aux populations sont souvent "déçus" par le rendement moins important et une plus grande hétérogénéité des plantes. Je prends ça comme un avertissement : si on sait qu'on ne veut pas de F1, mieux vaut ne pas y mettre les doigts, surtout pas "pour commencer", sous peine d'avoir du mal à accepter une plus grande adversité lors d'un passage/retour aux variétés "population".

Ensuite on a parlé un peu des planifications des cultures et notamment des rotations.

C'est assez simple en théorie : il "suffit" sur une même planche, de faire tourner les familles de légumes : solanacées (p.ex. : patates), cucurbitacées (p.ex. : courges), apiacées (p.ex : carottes), brassicacées (p.ex. : choux), alliacées (p.ex. : poireaux), etc.

Mais ensuite la pratique vient se mêler de tout ça : on va faire plus de patates que de poireaux, on aurait besoin d'un petit coin pour du basilic, mais sur quelle planche l'insérer sans qu'il ne perturbe toute la rotation ?, et puis c'est juste un bout de planche donc avec quoi combler le reste ?, et puis les poireaux qu'on fini de ramasser en mars, ça empêche d'implanter une autre culture avant donc on peut pas prévoir des patates primeur par exemple. (Ici je laisse pour consultation ultérieure un article - sans doute un peu trop optimiste - sur les possibilités de cultiver certaines espèces en primeur.)

Et puis il faut adapter son plan de culture aux débouchés potentiels.
Bref, le plan de culture faut un peu se prendre la tête dessus, mais sans aller trop loin dans l'anticipation car la réussite de telle ou telle variété, les aléas climatiques, les aléas de réussite / retards / échecs viendront continuellement le chambouler. Mieux vaut sans doute prévoir un plan flexible.

samedi 28 décembre 2019

Réflexion sur l'organisation de la maraîcherie

Enfin j'arrive à formuler des idées d'organisation schématique de l'espace sur le terrain dans une optique d'installation en maraîchage.

L'exercice n'est pas aisé, loin s'en faut, et c'est finalement à force de formuler des idées vagues dans ma tête, que ne parvenant pas à avancer, j'ai pris les crayons et les stylos, ouvert mon logiciel de cartographie, décalqué sur l'écran les contours du terrain, noté l'échelle et roule la galère : j'ai dessiné en plan ce que j'avais en tête.

Plusieurs aspects à prendre en compte pour les cultures : d'un point de vue pratique, il est intéressant d'uniformiser les dimensions des planches afin de pouvoir déplacer facilement les éléments mobiles tels que les voiles d'hivernage, de forçage, les tunnels nantais, les tuyaux de goutte à goutte, etc.

Ensuite, selon que l'on envisage de travailler avec un tracteur (ou pas), avec un cheval (ou pas), ou en tout manuel (ou pas !), les longueurs des planches sont à réfléchir. En effet pour un travail au tracteur il faut un espace important pour faire demi-tour en bout de planche : cet espace de retournement c'est autant d'espace de perdu pour les cultures proprement dites. Avec un cheval l'espace nécessaire est moindre et il est quasi-nul en tout manuel.

Afin d'éviter de multiplier les espaces de retournement il est intéressant de rechercher à faire des planches les plus longues possibles. Sauf que 100 m de poireaux c'est vite décourageant quand il faut aller transplanter, désherber, récolter : le fractionnement permet donc de scinder les tâches en temps de travail acceptables. Bien sûr il est toujours possible de "scinder mentalement" ou symboliquement (avec un repère amovible) 100 m de planche en tronçons de longueur donnée.
culture de soja sur le site de BASF

Néanmoins l'aspect visuel importe beaucoup et l'idée que je me fais de l'environnement de travail est quelque chose de fondamental dans mon projet : je veux une "ferme"(*) mignonne, bucolique : il faut que le lieu de vie et de travail donne envie de s'y dédier.

un autre exemple de ce que je n'ai vraiment pas envie de faire
Donc il est hors de question de faire s'étirer les planches plus que le strict minimum. J'avais envisagé de faire des micro-planches, de 5m de long, voire même de travailler plutôt sur des carrés de 1 ou 2 m de côté, de manière à disposer d'unités de culture que l'on peut répartir à loisir pour former tout un tas de motifs, de parcours, etc.

les jardins dit "médiévaux" avec l'organisation en carrés et un grand nombre d'éléments variés agrémentant le tout correspondent un peu plus à ce que j'aime.

Bon, néanmoins dans un premier temps je vais essayer de trouver un compromis afin de créer un modèle viable. Donc entre 100 m et 1m il y a un peu de marge pour bouger le curseur : 50 m ? Certes ça passerai dans la largeur, mais on resterai sur un modèle très linéaire. 10m ? Si je dois me retourner avec un cheval de trait tous les 10m ça risque d'être compliqué : le cheval et l'outil de travail attelé ça doit faire pas loin de 3m j'imagine ... 1/3 de la planche. Ce n'est pas sérieux. Pourtant c'est la première idée que j'ai explorée, en imaginant un "bloc de planches" (on dira par la suite pour cela "un jardin") de 10 m de long et de 15 m de large dont voici un schéma :


Pour la largeur des planches c'est simple : soit on se base sur la largeur standard des outils de travail au tracteur (ou pas), soit on se base sur la largeur facilement atteignable à la main depuis le bord de la planche :

Pour cela c'est "simple" : on se positionne tel que le jardinier-maraîcher sur l'image ci-dessus et on mesure la distance entre la pointe des pieds et les mains tendues dans une position de travail confortable. Dans mon cas au delà de 50 cm ça tire : mes planches ne doivent donc pas dépasser 1 m de large, voire moins.
Mais réduire la largeur d'une planche c'est donc multiplier leur nombre et surtout celui des "passes-pieds" : ces petits chemins entre deux planches qui permettent les déplacement or si on augmente la surface des passes-pieds, on réduit d'autant la surface de culture. Dans l'exemple sur l'image, le passe-pieds mesure 45 cm de large et la planche 75 cm. Sur le site fermesdavenir.org il est question de 40/80 cm.

Et moi je me disais que 50/100 cm c'était pas mal : les mini cheminement où on tombe parce qu'on doit poser les pieds l'un devant l'autre très peu pour moi. Bon après j'ai mesuré mon pied : 27 cm de long. Et l'écart maximum lorsque je me tiens debout normalement : 48 cm.

Bref, donc effectivement 50 cm de passes-pieds, c'est peut-être un peu too much, faudrait que je teste en situation réelle...


L'idée c'est donc de travailler par jardins (blocs de planches, rappelez-vous !) et d'en agencer un certain nombre sur le terrain. Avec un bâtiment destiné à accueillir le hangar pour le matériel et les récoltes ainsi qu'un labo de transformation pour préparer des soupes, des confitures et toutes sortes de conserves de légumes. On n'oubliera pas les indispensables serres (voix de mémé qui radote : "1/10e de la surface plein champ !") on a par exemple ce genre de plan qui se profile :

légende : traits fins au crayon de papier = jardins (les numéros c'était juste pour les compter). traits pointillés noir = limites cadastrales. Ronds verts = arbres fruitiers. Gribouillis verts clairs = arbres et arbustes. En bas à gauche la maison du voisin et sa piscine.
 On y fait rentrer 27 jardins. Dans mon idée de jardins à 10 planches de 10m de long par 1 de large, ça fait 100 m2 cultivable par planche soit 2700 m2 cultivables (sans compter les 2 serres de 20 x 6 m = 240 m2).

Pour comparaison chez Quentin (mon maraîcher d'amap), il y a environ 3000 m2 de plein-champ (passes-pieds inclus !) et 900 m2 de serres.

Je me suis rendu compte que, dans ce premier plan, il y a beaucoup d'espace "perdu" entre les jardins. Et je me suis demandé combien je pouvais mettre de jardins sur le terrain en les alignant bien (ce que je n'ai pas envie de faire) : voici donc, sans bâtiment ni serres un schéma de ce genre de situation : 41 jardins soit 4100 m2.


Ensuite j'ai réfléchi en me disant que je pouvais peut-être changer "l'orientation" des jardins et passer du "format paysage" ou "format portrait". Ce n'est qu'à moitié anecdotique car il sera préférable d'avoir des planches orientées nord-sud afin qu'elles profitent au maximum d'ensoleillement par l'Est puis l'Ouest et qu'il n'y ait pas une face exposée au nord (donc plus froide, plus humide).

Ci-dessous un plan de jardin à 6 planches de 1,2 m de large - c'était pour tester avant que je ne fasse les mesures évoquées précédemment, donc je ne retiendrai pas cette largeur - mais c'est le seul schéma "format portrait" que j'ai dessiné - avec des passes-pieds de 40 cm de large (l'objectif était de maximiser la surface de culture en minimisant les "espaces perdus").

Ci-dessous j'ai gardé le "format portrait" mais avec des jardins de 20 m de long par 14 m de large (10 planches de 1m de larges et 10 passes-pieds de 40 cm, ce qui fait 200 m2 cultivable par jardin) : j'en fait rentrer 15 dans l'agencement suivant, soit 3000 m2 cultivables, + le bâtiment + 2 serres de 20 x 7 m (280 m2).

en orange j'ai figuré les zones de passage possible pour un véhicule, en bleu les conduites d'eau depuis le compteur en bord de route.

C'est toute l'avancée de mes réflexions pour le moment. Je pense que ça va encore évoluer dans les jours/semaines à venir. Si vous voulez vous amuser je laisse un plan vierge ci-dessous : je serai preneur de toutes vos idées et suggestions.
Remarque : sur mes plans figurent diverses lignes de repérages des ombres portées (que je pense avoir beaucoup exagérées : ça dépend de la hauteur des arbres et je ne les ai pas mesurés), d'une zone de protection contre le vent via la haie que nous sommes en train d'implanter en bordure ouest (donc c'est encore hypothétique, mais c'est l'objectif), ou encore la distance minimale aux habitations pour l'installation de bâtiments d'élevages (si je veux des chevaux ou des ânes... !), oui : malheureusement les espaces autorisés les plus proches sont dans le roncier, qui est en zone N au PLU donc non constructible, même pour l'agriculture...

mardi 27 août 2019

Friche ou couvert végétal ?

Les quelques fois où j'ai tenté un travail à la bêche, à la fourche-bêche, à la pioche ou à l'aérobêche, j'ai pu constater que le sol est particulièrement tassé et très difficile à travailler manuellement.

J'ai parlé de la texture de mon sol (peut-être quelque part entre les Sables argilo-limoneux et les Limons sablo-argileux) dans cet article :
https://chemin-de-paysan.blogspot.com/2018/11/journal-du-terrain-3-novembre-2018-test.html?m=1
Pour rappel, le triangle des textures utilisé est là : https://commons.m.wikimedia.org/wiki/File:Triangle_textures_sol_GPPA.svg

Je veux encore réaliser des sondages pédologiques à la tarière afin de voir la texture du sol, et je réfléchis en attendant à quel itinéraire choisir pour améliorer la structure du sol.

Pour rappel concernant l'historique du terrain : il était cultivé en conventionnel en maïs et sorgho destinés à une usine de methanisation (jusqu'en 2014 au moins) . Je peux donc supposer que, labour après labour, le sol a été défoncé : son taux de matière organique doit faire peur (très bas, il n'y a qu'à voir la couleur du sol pour s'en convaincre : c'est blanc, jaune, orange, parfois rouge, parfois très légèrement ocre à brun clair, bref bien loin d'un bon brun foncé sans parler de noir (même pas la peine de rêver), et il est tout tassé !

D'ailleurs il n'y a qu'à jeter un oeil à ce qui pousse naturellement sur le terrain : oseilles (les fameux *voix d'outre-tombe* Rumex !!!), cirses, carottes sauvages, cardères, ronces.



Bref la question est donc de savoir : est ce que je peux essayer de donner un coup de pouce à mère Nature pour aider le processus de récupération du sol, ou bien est-ce que toute intervention est vouée à l'échec ? En posant cette question je sens bien que la réponse est avant tout philosophique, mais je me dis qu'entre laisser faire la nature et sortir l'artillerie lourde, il y a peut-être un juste milieu ?

Les organismes agricoles classiques genre Arvalis et compagnie recommandent l'ameublissement en profondeur, voire le sous-solage (je n'ai pas saisi la différence) et parfois le recours à des couverts végétaux. Les organismes moins industriophiles recommandent des couverts végétaux, voire le recours à un travail du sol pour l'ameublir...

Comme je suis pour l'instant complètement endoctriné par les gourous du Maraîchage Sol Vivant, je suis en mode "le sol tu ne travaillera pas", ce qui va bien avec mon aversion pour les moteurs à explosion. (Aversion limitée au champ bien sûr : ce serait le comble de prétendre le contraire étant donné que je fais 170 km de bagnole par weekend pour m'occuper du terrain : ô contradiction chérie !)

Bref, la réflexion est donc partie sur les couverts végétaux. La première question à me poser est : est-ce que ca peut faire mieux que la friche proposée par mère Nature ? Parce que si non, ça vaut pas la peine de me fatiguer et d'investire des sous.

La encore, je suppose que tout va être question de dose. L'idée ce serait donc d'apporter des espèces qui ne viendront pas naturellement (ou pas assez vite, pour autant qu'on puisse, ou pas, essayer de "presser" un peu les choses).

Les espèces que j'envisagerais pour le couvert végétal sont : seigle (effet structurant superficiel grâce à ses racines fasciculées), l'avoine fourragère (structure en profondeur), la luzerne, les vesces, la phacélie, le colza, les radis fourragers ou encore la cameline : dans les documents que j'ai pu consulter (guide technique "produire des légumes bio", guide des couverts végétaux en interculture de SynAgri, cette fiche ferme sur les couverts vegetaux agroforestiers, agro-cahier : choisir et réussir son couvert végétal (itab), etc).

Remarque : là je viens de lister des espèces mais souvent ce sont des groupes d'espèces qui sont donnés : par exemple les graminées amélioreraient la structure du sol grâce à leurs racines fasciculées, mais est-ce vrai pour toutes les graminées ou seulement pour les quelques "classiques" de l'agriculture et plus particulièrement des couverts ? Parce que des graminées j'en ai dans ma prairie-friche : houlque, flouve, agrostide, chient-dent... Autre exemples : les légumineuses apportent de l'azote (j'ai un peu de trèfle des prés, un peu de trèfle blanc, un petit plus de lotier, quelques petites vesces), enfin les brassicacées ont des systèmes pivotant qui permettent de fissurer le sol (alors j'ai pas de brassicacées, mais comme indiqué précédemment : j'ai de l'oseille et des cirses qui ont des forts systèmes pivotants), bref : n'ai-je pas déjà un couvert végétal intéressant ?

[édition du 3 février 2020] Vincent Levavasseur, sur la chaîne de Ver de terre production dit "sur les couverts végétaux, moi je fonctionne en enherbement spontané" bon, bah voilà. 

La réflexion reste ouverte, je reviendrai éditer ce billet au fur et à mesure de son évolution.

lundi 26 août 2019

Estimation des besoins en eau en maraichage

La quantité d'eau nécessaire est estimée à partir d'un bilan hydrique global très approximatif. Son objectif n'est pas de remplir un but pratique, fonctionnel, maiis simplement de disposer d'ordres de grandeurs en terme de besoins.

Le bilan est établi en comparant les apports naturels (pluviométrie) avec les pertes naturelles (évapotranspiration) cette dernière inclue donc la consommation d'eau par les plantes.

Les valeurs sont données en mm de pluie par m2 ce qui équivaut à 1L/m2. Quand on indique donc simplement des mm d'eau, on sous-entend donc mm/m2.

La pluviométrie est tirée du site climat.org
L'évapotranspiration est interprétée à partir de la publication de Darlot & Lecarpentier (1963) Cartographie de l'évapotranspiration potentielle : son utilisation pour la détermination des besoins en eau d'irrigation. IAHS. http://hydrologie.org/redbooks/a062/iahs_062_0143.pdf

La saison de végétation est tirée du site https://fr.weatherspark.com , elle va d'avril à octobre.

Pour cet exercice (à défaut de données plus complètes) on émet l'hypothèse que le bilan hydrique est positif hors période de végétation, soit de novembre à mars, période où les besoins en eau sont habituellement sinon nuls, en tout cas particulièrement bas.

La pluviométrie est donnée en moyenne mensuelle en mm : avril 79 mm, mai 83 mm, juin 73 mm, juillet 52 mm, août 77 mm, septembre 91 mm, octobre 94 mm, soit un total pour 7 mois de saison de végétation de 549 mm. Cela fait en moyenne 78,4 mm/mois.

L'ETp est lue sur la carte du mois de juin de la publication de Darlot et Lecarpentier (1963). Pour la zone qui nous intéresse elle est de 110mm durant le mois de juin. A défaut de plus de données, on extrapole cette valeur aux autres mois de la période de végétation, en supposant que les variations mensuelles probables se compensent en moyenne sur les 7 mois de la periode de végétation retenue.

Si on calcule cette valeur au mois on a 78,4 - 110 = - 31,6mm
Soit sur l'ensemble de la saison de vegetation : - 31,6 x 7 = - 221,2 mm

Pour rappel on parle toujours de mm/m2, si l'on prend une surface de culture de, disons 1,5 ha, cela fait 221,2 x 15 000 = 3 318 000 mm = 3 318 000 L = 3 318 m3

Durant la saison de végétation on aura donc besoin d'environ 3 318 m3 d'eau pour l'irrigation.
NB : dans mon secteur le m3 est facturé 2,36 € TTC, ce qui fait donc un budget eau de 7 830 €/an...

A nouveau, l'objectif n'est pas de disposer d'un chiffre à intégrer dans un budget d'exploitation, mais plutôt de tenter, a partir d'indicateurs très globaux, d'avoir une idée de l'ordre de grandeur des besoins et des coûts associés : quelques milliers de m3 et donc quelques milliers d'euro.

Remarque : cette réflexion n'est pas valable sous serre où la pluviométrie ne compense pas l'évapotranspiration (sauf à irriguer à partir d'un système de récupération d'eau de pluie issue des toits des serres) et où évapotranspiration est potentiellement supérieure à celle envisagée en plein champ.

Toute suggestion pour améliorer cette réflexion et l'estimation qui en ressort est la bienvenue.

samedi 24 août 2019

Traction animale ?

Le pétrole est omniprésent dans nos vies et se passer d'appareils motorisés est devenue un défit qui semble bien dur à relever. Alors bien sûr on peut essayer de modérer leur usage, de le réserver au strict nécessaire, mais comment définir la limite entre utilisation nécessaire vs la solution de facilité ?

Sur la base de cette interrogation, je me suis dit qu'il fallait donc commencer par essayer de faire les choses sans moteur : tester pour constater. Faire l'expérience.
Avec aussi la sensation que l'usage d'appareils à moteur comme première solution empêche de facto de développer des habitudes de travail et des outils pour apprendre à faire sans.

Dans cette optique, le recours à la traction animale apparaît comme une des solutions à envisager notamment pour un certain nombre de travaux de préparation du sol, indispensablesau travail en maraîchage.

Mais quel animal choisir ? Cheval, âne, bœuf ? Lasai ?

Quelle formation est nécessaire ?

Quel bâtiment ? Quel matériel ?

Quelques réflexions en vrac : au fil des découvertes, réflexions, et en commençant par des arguments contre le recours à l'animal :

Un animal seul est malheureux : il faudrait donc envisager d'adopter non pas un mais deux ou trois animaux.

Un cheval comme un âne ou un bœuf necessiterait environ 1 ha de pâture pour subvenir a ses besoins annuels en aliment (ou alors il faut acheter du foin, mais dans ce cas ce n'est pas cohérent avec la recherche d'indépendance vis à vis du pétrole). Donc s'il y a 2 ou 3 animaux, ca fait 2 ou 3 ha nécessaires.

La prairie de pâturage nécessite aussi un entretien particulier (mise en place de clôture, d'un abri, approvisionnement en eau, voire travaux de "culture" de la prairie (ensemencement, amendements, etc) ce qui peut vite ramener au tracteur : donc quelle cohérence ?

Sandra et Tim  (du blog Way Out West Blow-in ) qui ont des chevaux, moutons, ânes, etc, estiment que les animaux sont plus gourmands en ressources qu'une machine car, bien que l'on ait recours à eux que peu de temps dans l'année, ils necessitent des soins constants, ne serait-ce qu'en alimentation, alors qu'un tracteur peut être remisé au garage en dehors des moments d'utilisation. (Toutes leurs vidéos sont passionnantes, by the way).

Mon maraîcher d'AMAP indique d'ailleurs n'avoir pas besoin de plus de 60 litres de gasoil par an pour son tracteur, ce qui relativise pas mal la dépendance au pétrole (en tout cas en terme de cobsommstion).

Le recours à l'animal demande des compétences particulières en matière de soins, d'entraînement (éducation de l'animal su travail).

L'animal ne peut pas travailler au même rythme que la machine : il faut adapter le travail à une charge acceptable, ce qui constitue éventuellement une "contrainte supplémentaire" (mais bon sur ce point, je pense qu'il s'agit plus d'une manière de voir les choses, de choix de vie et de travail, ce n'est donc pas un argument qui me semble très pertinent).

Les animaux necessitent des soins quotidiens : en avoir donne donne donc du travail supplémentaire (or, le métier de maraicher n'est pas réputé pour laisser beaucoup de temps libre...).

Rendu ici, je me demanderais presque pourquoi j'envisage d'avoir des animaux sur la ferme.

Je crois que le contact quotidien avec des animaux est très enrichissant et peut apporter un vrai épanouissement.

Les compétences et donc formations nécessaires pour s'en occuper correctement peuvent être mis en parallèle avec celles nécessaires a l'utilisation de machines.

De même on peut mettre en parallèle l'équipement nécessaire à un tracteur à celui nécessaire pour les animaux : dans les deux cas il faut un bâtiment, du matériel : dans les deux cas c'est un investissement. Aller chez le mecanicien est-ce moins onéreux qu'aller chez le vétérinaire ?

Quand on travaille avec un tracteur, peut on être attentif au terrain, à l'environnement avec la même sensibilité et finesse que quand on travail avec des animaux ? Parce que c'est aussi quelque chose qui compte beaucoup pour moi.

Si le terrain est suffisant, l'entretien des prairies devrait tout de même pouvoir se faire sans tracteur (après tout ca a bien fonctionné comme ça pendant quelques milliers d'années.

Oui je suis sans doute en train de chercher plein de prétextes pour justifier mon envie de travailler avec des animaux plutôt qu'avec un tracteur, mais du moment que j'en ai conscience, n'est-ce pas le principal ?

Quelques liens pour aller plus loin (cette liste sera mise à jour au fur et à mesure de mes découvertes) :

http://garbure.net/elevage.htm : Élevage d'ânes des Pyrénées

https://www.prommata.org/ : Promotion du matériel agricole moderne en traction animale

[ajouts du 3 mai 2020] 

- Ânes Victoires : vlog et conseils sur l'entretien et l'éducation des ânes - https://www.youtube.com/user/RRRRGRRRrrrr/playlists

- Dress'âne : vlog de dressage asin - https://www.youtube.com/channel/UCt-Tfg5fqiji7kzhG8Ds-JQ/playlists

- Hippotese, le cheval de travail - http://hippotese.free.fr/blog/index.php/

- Attelages bovins d'aujourd'hui - http://attelagesbovinsdaujourdhui.unblog.fr/  - recommandé par "les 10 pattes" https://www.instagram.com/les_10_pattes/

mardi 16 juillet 2019

Réflexions - 16 juillet 2019 : mise en place du potager, limaces

Depuis un peu plus d'un an je suis la chaîne YouTube "Maraîchage Sol Vivant" mise en place par un réseau d'agriculteurs (maraîchers, grandculteurs, éleveurs, etc.). Sur cette chaîne ils relayent leurs essais, leurs recherches et leurs idées pour faire évoluer les méthodes culturales et donc le modèle agricole. Les pistes qu'ils proposent sont très intéressantes et leurs essais semblent assez prometteurs.

Il y est question de couverts végétaux, de nourrir le sol, etc.

Pour le résumer très rapidement : pour pousser les plantes ont besoin d'une maison en bon état et avec des gardes mangers pleins.

Le modèle de l'agriculture pétrochimique : destruction du sol par labour, puis utilisation de pesticides et d'engrais de synthèse : ça marche sur la tête et ça arrive au bout du rouleau avec l'érosion globale du système : érosion des sols, érosion de la biodiversité, difficultés socio-économiques, maladies professionnelles, voire suicides.

Leurs pistes : réparer la maison, c'est-à-dire le sol, en arrêtant de le labourer. Nourrir le sol qui nourrit ensuite les plantes plutôt que de tenter de nourrir les plantes avec de la malbouffe (les engrais de synthèse) en les jetant dans un taudis (le sol labouré). Pour nourrir le sol il faut lui donner du carbone, c'est à dire le couvrir de matière organique riche en carbone : bois, paille, etc.

Depuis un an que j'ai acheté le terrain, je m'évertue donc à mettre en place les idées proposées par Maraîchage Sol Vivant et je laisse pousser la prairie (voire désormais la friche), je couvre mes planches de culture avec du foin (je n'ai ni paille ni bois à disposition, donc je fais comme je peux).

Mais dès que j'essaye de planter le moindre radis il se fait dégommer (comme toutes les autres plantes que j'ai tenté de planter) par les limaces ou d'autres ravageurs.

Et là je regarde, peut-être pour la troisième fois, cette vidéo (ci-dessous) et je me dis que ça va sans doute pas se faire en deux-deux, qu'il va falloir être patient. Je pars d'un ancien champ de maïs. Certes ré-ensemencé en "prairie" (mais quand j'ai acheté la prairie elle faisait à peine 20 cm de haut). Donc on part de loin et il faut le temps que le sol se soigne, qu'il assimile la matière organique que je lui apporte.

NB : Konrad (le mec qui parle) est très provocateur dans son discours, mais c'est fait exprès et assumé : il ne faut pas s'arrêter à la forme ("les programmes de protection de la biodiversité il faut les jeter à la poubelle" - merci -) et bien écouter le fond du message.


Dans certaines autres vidéos de ce réseau, il est question de temps de "récupération" assez long : 5, voire 10 ans !  Donc c'est pas gagné, gagné.

Et après avoir revu la vidéo, je me dis qu'il va peut-être falloir que j'arrête de jeter au loin les limaces que je vois dans mes planches de "culture" (on peut mettre les guillemets parce que pour l'instant la culture est franchement ridicule) et les laisser ré-ensemencer le sol en champignons afin de l'aider à se reconstruire.

"Patience et longueur de temps font plus que force ni que rage", alors essayons d'être patient.


lundi 10 juin 2019

Journal du terrain : 8 juin 2019 | néflier, 2nde mare, plantes, réflexions


La prairie est encore à peu près verte en ce début juin 2019. C'est très agréable. La diversité d'espèce a bien augmenté par rapport à l'année dernière où il n'y avait guère que l'Ivraie multiflore (le fameux "Ray Grass")...

Comparaison 2018-2019 :



H/F : Herbe ou Fleur   









Le millepertuis commence à fleurir :



Suite des travaux de la seconde mare :
Elle se trouve dans la prairie de la partie sud du terrain (zone haute), à quelques dizaines de mètres de la première mare.



Le néflier sauvage (Crataegus germanica, ex Mespilus germanica) :

feuilles et fruit :


Les œillets sont fleuris 😀
Les groseilliers semblent avoir bien pris 😀 :
Les bardanes ne se sont pas faites dévorées par les limaces 😀 :
Les fraisiers se portent bien 😀 (par contre on a toujours pas pu goûter de fraise 😥 )
C'est une cucurbitacée, mais laquelle ? J'ai omis d'étiqueté et je ne sais plus s'il s'agit d'une courge, d'une courgette ou d'autre chose... je suppose que c'est une courge ... vu qu'elle n'a pas été dévorée (pas encore ?) par les limaces, peut-être a-t-on une petite chance de la voire se développer ?


Le coin des aromatiques se porte relativement bien 🤗 : sauge, lavande (en fleur ! bien que ce ne soit pas très visible sur la photo), romarin, mélisse (un peu à la peine, mais..., estragon (il résiste tant bien que mal aux limaces, et les thyms qui se portent pas trop mal).


La mare, avais-je pris le temps de détailler les plantes qui l'occupent désormais ? Il y a de la baldingère (un "petit" roseau), de la Reine-des-prés, des massettes (Typha), une Renoncule flamette, des Lysimaques...

La prairie est pleine de millepertuis sur le point de fleurir 😃

La consoude est finalement repartie avec plein de nouvelles feuilles (après s'être quand même bien fait grignoté la face par ces %~##¡ de limaces)
Je n'avais pas donné de nouvelles du Pastel, il se porte bien, il avait fait de belles (mais très discrètes) fleurs jaunes, et le voici désormais en fruit (tiges fructifiées soutenus par les tuteurs, de part et d'autre de la rosette de feuilles).
Le Pastel c'est donc cette plante tinctoriale, et voici mon premier essai : à droite une grande tache sombre : c'est le résultat d'un frottage de feuille fraiche directement sur le tissu, à gauche la petite tache plus distinctement bleue : c'est le résultat de la même opération additionnée d'un peu de salive.

Fin du débroussaillage sous les arbres : on s'est décidé pour plus de place.


Les premières framboises !!! 🤩
Le pied d'origan récupéré sur un talus routier et repiqué sur le terrain l'année dernière se porte bien 🙂



Entre deux belles photos de la prairie, quelques réflexions en vrac : journal "intime" ouvert sur le Net.

Je suis actuellement salarié en CDI, sur un poste qui correspond à ma formation et dans une certaine mesure, plus ou moins à ce que j'espérais faire de ma vie, au sein d'une équipe très sympa, pour un salaire correct, à une distance raisonnable de mon actuel lieu de vie.

Alors j'ai salement la sensation de cracher dans la soupe avec ce projet de reconversion en maraîchage. (Je l'ai bien vu à la tête ahurie de mon voisin du terrain lorsque je lui ai dit que j'envisageais de plaquer mon boulot pour me faire agriculteur).

Ce travail dans lequel je suis actuellement, c'est un peu "l'objectif" social pour lequel j'ai été "moulé". Alors du coup, forcément quand on essaye de sortir du moule, y'a des risques, ... que le gâteau soit moins beau, moins "réussi", voir qu'il casse. Et ça fait peur, oui.
Mais ce moule, moi je trouve qu'il ressemble méchamment à une prison "dorée" (et en plus c'est de la dorure en plastoc' toute pourrie qui s'écaillera vite, alors...). D'abord je m'y ennuie. Sans y aller à reculons, j'y vais sans entrain. Ça peut le faire pour quelques temps, mais je ne tiendrai pas 10 ans comme ça. Je n'ai pas envie.

Et puis non content de me contraindre moi personnellement, ce moule contraint aussi mes idéaux : comment faire pour sortir d'une société de consommation quand on est englué dans ce schéma rigide ?

Quel droit à habiter ? Quelle vie mener ? Quel avenir ?
Comment faire pour acheter de la bouffe bio et locale quand l'argent, sans manquer tout à fait, ne laisse toutefois pas de marge de manoeuvre ?
J'ai déjà fait le choix d'une énergie propre, mais le coût sur la facture en électricité se fait bien sentir.

Comment faire pour rompre avec la voiture ? Bonus : comment faire pour rompre avec la voiture dans ce projet que j'envisage : à la campagne, où tout est forcément loin ... contradiction quand tu nous tiens...

Et à long terme ? La retraite : cette carotte tendue qui recule au fur et à mesure qu'on avance, les vieux jours sans enfants qui veilleront sur nous.

Je ne veux pas de crédit qui me rendra l'esclave d'une banque. Ces salauds ont déjà eu mon ptit frère :-(
Je veux un lieu où habiter sans devoir rendre de compte à personne.
Je veux reprendre le contrôle sur mon alimentation, sur tout.

Je ne sais pas si ce projet d'agriculture me permettra vraiment d'obtenir tout cela, mais ça me semble plus réaliste qu'en continuant dans cette voie que la société capitaliste a tracé pour moi.

J'ai peur, mais je suis bien décidé à avancer coûte que coûte sur ce chemin de liberté. Et si liberté rime avec pauvreté, et bien ce n'est pas grave, tant que c'est une pauvreté choisie.

à la prochaine !

Sagartzea : fête des pommes basques - Mendionde : samedi 23 octobre 2021

Lekorneko Garroan jai egin du Sagartzeak bere 30 urtebetetzea. Euskal herriko sagar motak bildumatzea eta bultzatzea helburu du elkarte horr...